mardi, juin 24, 2008

Sauvez le pêcheur Barnier

L'honnête Barnier attaque aimablement la Commission sur l’arrêt de la pêche au thon rouge en méditérannée « On tue des familles sur des suppositions. Nous avons affaire à des bolcheviques, ici c'est pire que dans les années 40 »

Il oublie cette dépêche de l’AFP pourtant assez récente, infiniment plus attaché qu'il est à son maroquin qu’au thon rouge d’autant que les armements thoniers de la méditérannée ne sont pas le fait de chalutiers culs terreux mais des puissants armateurs des thonniers senneurs.

MONTPELLIER, 10 avr 2008 (AFP) - Au moins deux armements du Sud de la France ont commis des fraudes lors de la campagne de pêche au thon rouge 2007 en Méditerranée selon les premiers résultats d'une enquête ouverte après le dépassement par la France de son quota, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Ces fraudes portent sur "des quantités très importantes, des centaines de tonnes" de ce poisson très prisé pour les sushis, a précisé à l'AFP le parquet de Montpellier saisi du dossier depuis novembre.
"Des fraudes manifestes concernent deux navires qui appartiennent chacun à un armement différent en l'état des investigations. Nous avons encore 13 patrons pêcheurs et armateurs à entendre.
Les vérifications vont continuer à se faire fin avril et dans le courant du mois de mai. Nous verrons ensuite si on ouvre une information judiciaire", a encore indiqué le parquet.
La France est accusée par la Commission européenne d'avoir pêché près du double de son quota de thon rouge atlantique, une espèce menacée principalement pêchée en Méditerranée.
Les pêcheurs français, pour la plupart basés en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, ont capturé quelque 10.000 tonnes de thon rouge pour un quota alloué de 5.593 tonnes en 2007.
La Commission avait du mettre fin prématurément, le 19 septembre, à cette pêche dans l'ensemble de l'Union européenne pour 2007, le quota européen global ayant été atteint. Dès le mois d'octobre, le ministère français de la Pêche avait ouvert une enquête administrative concernant des fraudes présumées, rapidement suivie d'une enquête judiciaire.
Plusieurs thoniers-senneurs français (pêchant au filet tournant) étaient soupçonnés d'avoir fait de fausses déclarations sur des thons capturés en réalité par d'autres navires étrangers, selon des sources aux Affaires maritimes.
Ces thoniers auraient accepté de déclarer cette pêche à leur compte, sous quota français et contre rétribution, car ils n'avaient pas eux-mêmes suffisamment pêché.
La gendarmerie maritime, chargée de l'enquête, a auditionné depuis plusieurs semaines des armateurs et patrons pêcheurs exploitant 21 navires et étudié leurs journaux de captures (log-books), selon le parquet.
"Les vérifications permettent d'établir que pour aucun des navires les déclarations ne sont conformes à la réglementation", a-t-on ajouté de même source.
Les pêcheurs doivent par exemple transmettre aux autorités un journal de pêche dans un délai de 48H00, une obligation très peu respectée, selon des sources aux Affaires maritimes.
Pour deux des 21 navires, les irrégularités dans les déclarations vont toutefois bien au-delà de toutes les obligations et constituent des fraudes manifestes, selon le parquet.
La campagne de pêche au thon rouge 2008 a débuté au mois d'avril. La France a indiqué qu'elle appliquerait "la tolérance zéro" à ses pêcheurs tout en réclamant la même sévérité contre les Espagnols et Italiens, également accusés de violer leurs obligations.
Des quotas ont été attribués cette semaine à chacun des 36 thoniers-senneurs français afin de faciliter la surveillance. L'UE a aussi renforcé ses contrôles avec le déploiement de patrouilleurs et d'avions de surveillance.

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